mardi 7 avril 2020

Lettre pastorale du 8 avril 2020 : Va, avec cette force qui est tienne !



Église protestante unie Vincennes-Montreuil
Chères sœurs, chères frères, nous sommes toujours confinés, nous continuons à rendre hommage à celles et ceux qui travaillent pour nous, et voici donc une quatrième lettre pastorale.


L’histoire de Gédéon (livre des Juges, chapitre 6 à 8) est l’histoire d’un petit bonhomme qui deviendra un grand libérateur pour son peuple. Avant même que vous ne lisiez la vie de Gédéon, peut-être pour la première fois, vous en connaissez déjà le moment le plus fort, celui de la victoire, et vous vous doutez déjà que Dieu n’y est pas étranger. Aussi, je vous demande un effort : oubliez tout ce que vous savez de Gédéon. Ne conservez que ce point de départ : Gédéon est le petit dernier de la plus petite famille du plus petit clan de la plus petite tribu d’Israël. Et Israël en est de sa propre histoire à un moment de souffrance et d’oppression. Peu importe ici la forme et l’agent de l’oppression. Tous les enfants d’Israël en sont victimes. Quant à une éventuelle intervention de Dieu, oubliez seulement.

C’est dans une grande égalité que cette lettre pastorale commence, l’égalité des plus faibles, l’égalité des confinés, l’égalité de toutes celles et ceux qui demandent Pourquoi ? Et qui, pleins d’une réelle bonne volonté, se demandent Que puis-je faire ? Parfois, l’un de ceux-là décroche son téléphone et parvient, en direct, à la radio, à poser cette question à une personne ayant autorité. Réponse entendue : « Restez chez vous ! » Remercions encore une fois celles et ceux qui savent lutter contre la maladie (lettre pastorale du 25 mars), nous leur devons beaucoup. Ce que nous voulons mettre ici en avant, c’est que, pour les petites gens que nous sommes, ni soignants, ni livreurs, ni… rester chez soi est en ce moment un acte, non pas une capitulation, mais une décision. Et que cette décision requiert de notre part un certain effort. Qui dit effort dit force, et plus, une mobilisation et une dépense d’énergie. Ainsi donc, rester chez soi, et en sortir le moins possible, c’est faire quelque chose.

Il arrive, assez souvent, dans la Bible, que telle petite personne soit distinguée entre toutes et reçoive la visite qui d’un ange du Seigneur, c'est-à-dire du Seigneur Dieu lui-même. J’aime beaucoup l’épisode de la rencontre entre Gédéon et son ange. L’ange le salue Vaillant guerrier ! Et Gédéon (qui ne saisit pas d’emblée à qui il a affaire) de répondre, effrontément, Pourquoi ? Pourquoi la domination, pourquoi le malheur, pourquoi l’épidémie en plus des autres fléaux, et maintenant pourquoi des cadavres à l’abandon le matin dans les rues de Guayaquil (Équateur) ?

J’aime que Gédéon soudainement visité et honoré pense à son peuple avant de penser à lui-même : Pourquoi cela nous est-il arrivé ? Et j’aime par-dessus tout que la première injonction que Gédéon reçoit ait cette simplicité, cette évidence. Va, avec cette force qui est tienne !

Il m’arrive de penser que rien n’est jamais possible si l’on ne répond pas d’abord positivement à cette première et simplissime injonction. Va, avec cette force qui est tienne !  Il s’agit de mobiliser en premier, et fondamentalement, juste ta force à toi… maintenant, pour le début d’une obéissance à l’appel et le commencement d’un premier pas. D’autres forces viendront plus tard, en leur temps, et sur un chemin encore inconnu de toi.

Elle ne devait pas être grand-chose, la force du petit Gédéon. C’est qu’il ne connaissait pas, lui, la suite de l’histoire. Pas d’avantage que n’est grand-chose notre force, aujourd’hui, devant la vie. Et nous ne connaissons pas non plus la suite de l’histoire.

Pasteur Jean DIETZ, 8 avril 2020

Cette semaine, 2 vidéos : office pour le vendredi saint et culte pour le dimanche de Pâques



dimanche 5 avril 2020

Un roi plein de douceur (Matthieu 21,1-11) Culte du 5 avril 2020 (Rameaux) EPUdF Vincennes Montreuil

Matthieu 21
1 Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem et arrivèrent près de Bethphagé, au mont des Oliviers, alors Jésus envoya deux disciples
2 en leur disant: «Allez au village qui est devant vous; vous trouverez aussitôt une ânesse attachée et un ânon avec elle; détachez-la et amenez-les-moi.
3 Et si quelqu'un vous dit quelque chose, vous répondrez: ‹Le Seigneur en a besoin›, et il les laissera aller tout de suite.»
4 Cela est arrivé pour que s'accomplisse ce qu'a dit le prophète:
5 Dites à la fille de Sion: Voici que ton roi vient à toi, humble et monté sur une ânesse et sur un ânon, le petit d'une bête de somme.
6 Les disciples s'en allèrent et, comme Jésus le leur avait prescrit,
7 ils amenèrent l'ânesse et l'ânon; puis ils disposèrent sur eux leurs vêtements, et Jésus s'assit dessus.
8 Le peuple, en foule, étendit ses vêtements sur la route; certains coupaient des branches aux arbres et en jonchaient la route.
9 Les foules qui marchaient devant lui et celles qui le suivaient, criaient: «Hosanna au Fils de David! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient! Hosanna au plus haut des cieux!»
10 Quand Jésus entra dans Jérusalem, toute la ville fut en émoi: «Qui est-ce?» disait-on;
11 et les foules répondaient: «C'est le prophète Jésus, de Nazareth en Galilée.»
Prédication :
            Et c’est donc ainsi que Jésus entra dans Jérusalem, monté sur une ânesse et un ânon, et dans un état d’esprit particulier : humble, ainsi que certains le traduisent, ou modeste, ou doux.
Jésus qui entre ainsi à Jérusalem est un homme empreint de douceur : il est doux. Ça n’est pas la première fois, dans l’évangile de Matthieu, qu’on parle de douceur. Jésus lui-même emploie deux fois ce mot. Il dit « Heureux les doux, ils hériteront de la terre » (Matthieu 5,5). Il dit aussi « Prenez sur vous mon joug et venez à ma suite, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos » (Matthieu 11,29).
            Jésus qui entre ainsi dans Jérusalem, lui qui va chasser les marchands du Temple, qui va tenir des propos d’une incroyable dureté à l’encontre de certains de ses contemporains, qui va prédire la ruine de Jérusalem… comment peut-on dire de lui qu’il est doux ?

            Pour méditer sur cette douceur, nous pouvons nous souvenir d’un autre cortège, qui se présenta aux portes de Jérusalem, une quarantaine d’années plus tard. L’historien romain Flavius Josèphe nous a donné un récit détaillé de ce moment de l’histoire. En l’an 70, après environ quatre années de siège, les légions romaines, conduites par Titus, viennent à bout des défenses et des défenseurs de Jérusalem. Les Romains, vainqueurs, font alors de la ville exactement tout ce qu’ils veulent. Ils violent et tuent, pillent et détruisent… les maisons, les palais, la muraille et le Temple… quant aux survivants, ils font partie du butin et seront vendus comme esclaves.
           
            Jésus est entré dans Jérusalem. Titus aussi est entré dans Jérusalem.
            Mais Jésus n’a jamais détruit ni maison ni ville, ni Temple. Même s’il a parlé sévèrement, il n’a pas saisi la masse et le burin pour détruire, et il n’a pas non plus pris le flambeau pour incendier. Il n’a jamais agi autrement qu’en invité.
            Jésus n’a jamais fait usage de la force pour amener quelqu’un à devenir son disciple, et encore moins son esclave. Son enseignement fut incisif, nous le savons, mais Lui n’a jamais cherché à faire école. Il a agi, certes, avec puissance, mais sans jamais asservir qui que ce soit.
            Jésus n’a pas enrôlé des hommes et des femmes pour se constituer une armée personnelle capable de faire de lui un prince de ce monde. Il a cherché des disciples, et, ayant trouvé des disciples, il les a cherchés encore, et toujours, pour faire d’eux des compagnons de route pour leurs semblables, et non pas des maîtres et des dominateurs.
            Jésus a chassé les marchands du Temple, mais il ne les a jamais empêchés d’y revenir. Il a enseigné, parlé et agi, en laissant les foules et les disciples libres de retenir, ou pas, de mettre en œuvre, ou pas, ce que Lui enseignait et ce dont Lui, il vivait.
            Jésus a finalement laissé jusqu’à sa propre personne, jusqu’à sa propre vie, à la disposition de ses contemporains. Sans se soucier jamais de son propre confort, ni de sa propre survie.
En tout cela, Jésus a été doux. Nous savons comment ses contemporains ont apprécié cette douceur, et nous savons ce qu’ils ont finalement fait de Lui.           

Nous, lecteurs attentifs de l’évangile des Rameaux, nous savons tous très bien que, quelques jours plus tard, Jésus plein de douceur sera arrêté, sera violenté, et périra sur la croix, la mort la plus infamante possible dans l’empire romain. Et nous demandons « Pourquoi ? »
Pour des raisons religieuses ? Les Romains étaient très tolérants en matière de diversité religieuse, pourvu que les religions ne troublent pas la paix civile, parce que seule la paix civile permet de rendre le commerce durablement prospère.
Mais pour quelle raison alors ?

Parce que la douceur de Jésus était insupportable. Insupportable à tous ceux qui veulent dominer, dominer par la parole et, si cela ne suffit pas, dominer par la corruption, et si ça ne suffit pas, dominer par la force ; insupportable à tous ceux pour qui la fin justifie les moyens ; insupportable à tous ceux qui veulent asservir plutôt que rendre libre. Ces gens-là ont assassiné Jésus.

Et les raisons de ces gens-là valent aujourd’hui tout comme hier.

Pouvons-nous entendre l’invitation de Jésus et le suivre ? Je le pense. Son invitation est pleine de douceur. Répondons-y avec douceur.

Nous n’entrerons jamais triomphants dans Jérusalem, ni ailleurs. Nous vivrons sans gloire ni puissance… Et nous connaîtrons le repos et la paix.

Qu’il en soit ainsi.
Amen   
Prière (Un immense merci à Murielle)
Seigneur, tes disciples te voulaient Maître de Guerre et Tout Puissant Souverain,
Et voici que tu entres à Jérusalem monté sur le petit d’une bête de somme.

Prions :

Sa famille ne met à l’honneur que les garçons et elle est née fille…
Seigneur, je te prie pour tous ceux qui acceptent ce qu’ils sont sans se plaindre outre mesure ni accabler le sort, et qui vivent dignement ce que la Vie leur ordonne,

Sa famille la voulait mère au foyer et elle est devenue enseignante…
Seigneur, je te prie pour tous ceux qui prennent le risque d’être incompris et de décevoir leurs proches, surmontent les quolibets et suivent avec ténacité leur vocation personnelle,

Sa famille avait espéré un époux conforme à son rang, et son mari est né dans une famille pauvre…
Seigneur, je te prie pour tous ceux qui mettent de côté apparences et préjugés, gardent fermes leurs convictions et s’attachent à la seule valeur des personnes,

Seigneur, soutiens tous ceux qui gardent un cœur calme et sincère, sans haine contre la dureté de la vie ou la bêtise de leurs contradicteurs, et leur opposent avec respect la douce fermeté de leurs convictions,

Aide-moi,  moi qui suis parfois ce cœur dur, qui voudrais soumettre les humains et le cours du monde à ma seule volonté,
aide-moi à me souvenir que Tu n’as jamais cherché autre chose que la plénitude de la Vie pour chacun d’entre nous.

Amen.

mardi 31 mars 2020

Lettre pastorale du 1er avril 2020 - Sur l'espérance



Lettre pastorale : sur l’espérance

70 ans ! A ceux de ses compatriotes qui avaient été exilés et confinés en Babylonie, le prophète Jérémie (Jérémie 29) annonça, par courrier postal, qu’il leur faudrait patienter 70 ans avant de pouvoir espérer revenir vers la terre de leurs ancêtres. Une durée considérablement longue, trop longue, une durée sans doute désespérante.  « Qui d’entre nous, dans 70 ans, sera encore là et en état de supporter le voyage retour ? »
Pour occuper ces 70 années, Jérémie  leur recommanda de vivre, de persister à vivre là où les hasards de la vie les avaient placés. Et s’agissant de vivre, il leur recommanda les deux choses en lesquelles l’humanité entière se retrouve : produire leur nourriture et engendrer des enfants.
Voici donc que Jérémie, l’un des plus grand prophètes de l’histoire, donne à ceux qui sont siens des conseils de pur bon sens, conseils pour le quotidien, conseils dans lesquels Dieu n’a finalement rien à voir.  Car Jérémie ne donne aucune recommandation, ni aucun conseil de piété. Forme, sens, et périodicité du culte, tout est oublié. Forme et fréquence de la prière domestique, néant. Seule recommandation concernant la piété : prier pour la paix, la santé, le salut et la prospérité (en un seul mot : shalom) de Babylone et des Babyloniens. Cette seule recommandation frise le blasphème, car ce shalom, don de Dieu seul, comment pourrait-il être donné à l’ennemi babylonien plutôt qu’aux enfants d’Israël ?
Les exilés ont dû être profondément déçus, voire furieux, de recevoir cette lettre. Car ils appartenaient à l’élite de la société judéenne. Ils avaient un Pays, une Ville, un Temple, ils étaient propriétaires terriens, ils avaient des palais, de la fortune et des esclaves… Ils rêvent de retrouver la jouissance de tout ce qu’on leur a pris, et ce Jérémie vient au nom de Dieu leur prescrire de se mettre au jardinage ? Certainement pas ! Alors, qu’allaient-ils faire ? Se tourner vers un autre prophète, qui leur annoncerait, évidemment de la part de Dieu, ce qu’ils voulaient entendre ? Se trouver un autre Dieu ? Se perdre dans d’interminables discussions sur les causes et les fins de leur exil ? Et se demander pendant combien d’années encore ?

Et l’espérance, alors ? Dans sa lettre, Jérémie parle d’espérance. Il ne parle même que d’espérance.
Jérémie parle d’espérance en commençant par les inciter à sortir de leur sidération. En dépit du choc de la défaite, de l’épreuve de la déportation, et des doutes qui y sont liés, Jérémie affirme que Dieu parle, Dieu s’adresse encore à eux en tant que Dieu de combat, Dieu ne les a donc pas abandonnés. Espérer, c’est donc, envers et contre tout, se relever.
Jérémie parle d’espérance parce qu’il ne les laisse pas ses lecteurs se faire d’illusions ni sur la durée ni sur la dureté de l’exil. Oui, 70 ans ! Oui, comme une durée symbolique, et non pas comme une durée calendaire. La condition des enfants d’Israël, la condition même du croyant, est de n’être qu’un exilé, dont la patrie est la prière et la demeure la foi. Espérer, c’est donc aussi être lucide.
Jérémie parle d’espérance parce qu’il leur indique des tâches très concrètes, indispensables à leur survie : cultiver, enfanter. Car la génération suivante, et celle aussi qui la suivra, ne se lèveront pas toutes seules. Espérer, c’est donc enfin choisir de vivre et de faire vivre.

            Chères sœurs, chers frères, Jérémie le prophète a bien écrit pour nous. Qu’il s’agisse d’une défaite militaire ou d’une épidémie, qu’il s’agisse d’exil ou de confinement, qu’il s’agisse d’ennemis ou d’un virus, l’espérance est toujours la même : se relever et tenir debout, perdre ses illusions et progresser en lucidité, choisir concrètement de vivre. Notre espérance, c’est ce que nous faisons.

            Pasteur Jean DIETZ, 1er avril 2020
Je suis confiné, tout comme vous. Mais le partage de belles photos ignore le confinement.


samedi 28 mars 2020

Pourquoi le mal ? (Jean 11) Culte du 29 mars 2020, EPUdF Vincennes-Montreuil

Jean 11
1 Un homme tomba malade, c’était Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de sa soeur Marthe.
4 Dès qu'il l'apprit, Jésus dit: «Cette maladie n'aboutira pas à la mort, elle servira à la gloire de Dieu: c’est afin que, par elle, le Fils de Dieu soit glorifié.»
5 Or Jésus aimait Marthe et sa soeur et Lazare.
6 Cependant, alors qu'il savait Lazare malade, il demeura deux jours encore à l'endroit où il se trouvait.
7 Après quoi seulement, il dit aux disciples: «Retournons en Judée.»
(…)
11 Jésus dit : «Notre ami Lazare s'est endormi, mais je vais aller le réveiller.»
12 Les disciples lui dirent donc: «Seigneur, s'il s'est endormi, il sera sauvé.»
13 En fait, Jésus avait voulu parler de la mort de Lazare, alors qu'ils se figuraient, eux, qu'il parlait de l'assoupissement du sommeil.
14 Jésus leur dit alors ouvertement: «Lazare est mort,
15 et je suis heureux pour vous de n'avoir pas été là, afin que vous croyiez. Mais allons à lui!»
17 À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau; il y était depuis quatre jours déjà.
18 Comme Béthanie est distante de Jérusalem d'environ quinze stades,
19 beaucoup de Juifs étaient venus chez Marthe et Marie pour les consoler au sujet de leur frère.
20 Lorsque Marthe apprit que Jésus arrivait, elle alla au-devant de lui, tandis que Marie était assise dans la maison.
21 Marthe dit à Jésus: «Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.
22 Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera.»
23 Jésus lui dit: «Ton frère ressuscitera.»
24 - «Je sais, répondit-elle, qu'il ressuscitera lors de la résurrection, au dernier jour.»
25 Jésus lui dit: «Je suis la résurrection et la vie: celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra; 26 et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela?»
27 - «Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.»

28 Là-dessus, elle partit appeler sa soeur Marie et lui dit tout bas: «Le Maître est là et il t'appelle.»
32 Lorsque Marie parvint à l'endroit où se trouvait Jésus, dès qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit: «Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.»
33 Lorsqu'il les vit se lamenter, elle et les Juifs qui l'accompagnaient, Jésus frémit intérieurement et il se troubla.
(…) il s'en fut au tombeau; c'était une grotte dont une pierre recouvrait l'entrée.
39 Jésus dit alors: «Enlevez cette pierre.» Marthe, la soeur du défunt, lui dit: «Seigneur, il doit déjà sentir... Il y a en effet quatre jours...»
40 Mais Jésus lui répondit: «Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu?»
41 On ôta donc la pierre. Alors, Jésus leva les yeux et dit: «Père, je te rends grâce de ce que tu m'as exaucé.
42 Certes, je savais bien que tu m'exauces toujours, mais j'ai parlé à cause de cette foule qui m'entoure, afin qu'ils croient que tu m'as envoyé.»
43 Ayant ainsi parlé, il cria d'une voix forte: «Lazare, sors!»
44 Et celui qui avait été mort sortit, les pieds et les mains attachés par des bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus dit aux gens: «Déliez-le et laissez-le aller!»
Prédication
            Nous ouvrons notre méditation avec la question : « Pourquoi ? » Pourquoi la maladie, la mort, et la résurrection de Lazare ? Les quelques versets que nous venons de lire nous proposent une réponse : (1) …afin que vous croyiez (Jésus parle directement à ses disciples)(v.15) et (2) …afin qu’ils croient (Jésus prie le Père, devant la foule qui est venue au tombeau de Lazare – Jésus parle ainsi à la foule)(v.42).

Mais voilà, nous ne sommes ni les premiers disciples de Jésus, ni un témoin dans la foule. Nous n’avons rien vu de tout cela.
Pour nous, lecteurs de l’évangile, il y a deux phrases vraiment importantes.
(1) « Heureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru » (20,29) et
(2) « Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d'autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre. 31 Ceux-ci l'ont été afin que vous croyiez… » (Jean 20,30-31).

Telle est notre situation, la situation des lecteurs. L’ère des miracles de Jésus se termine à l’Ascension. L’ère des disciples de Jésus et des foules, qui ont vu Jésus agir, se termine lorsque cette génération-là, ayant pris de l’âge, disparaît. Aux lecteurs que nous sommes, il reste l’évangile de Jean pour tâcher d’apprendre à croire, et pour répondre – peut-être – à la question « Pourquoi ? »
Bien sûr, ça n’est pas seulement aujourd’hui, avec l’épidémie en cours, que la question « Pourquoi ? » se pose. Cette question se pose chaque fois que la mort frappe. Aujourd’hui, elle rode, partout, et nous ne pouvons pas l’ignorer. Mais il y a autre chose, ces temps-ci, que la mort qui frappe. « Pourquoi ? »

Nous trouvons dans la Bible quantité de réponses possibles à cette question. Ces réponses peuvent être classées en trois groupes.
(1) « Pourquoi ? » Parce que, dans un passé, proche ou lointain, se trouvent les bonnes raisons que Dieu a de punir. En ce moment on entend dire que c’est la nature qui punit l’humanité, parce que l’humanité l’exploite sans limites, sans jamais lui laisser son année de repos préconisée par la Bible…
(2) Pourquoi ? Parce que la catastrophe en cours le signe de l’imminence d’une fin des temps… 
(3) Pourquoi ? Il y a une troisième sorte de réponse à la question « Pourquoi ? ». Cette réponse est extrêmement présente dans l’évangile de Jean. Voici quelques échantillons de cette réponse :
« …afin qu’ils croient » (Jean 11,15) ;
« …afin qu’ils croient que tu m’as envoyé » (Jean 11,42) ;
« …afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et afin que, en croyant, vous ayez la vie en son nom » (Jean 20,31).

            Partons de la formulation la plus longue : « …afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et afin que, en croyant, vous ayez la vie en son nom ». Dans cette formulation, croire apparaît lié à un énoncé de la foi (Jésus est le Christ, le Fils de Dieu), énoncé lié lui-même à une de conséquence (vous ayez la vie en son nom).
            Est-ce que la conséquence de croire est de ne jamais mourir ? Nous ne pouvons pas affirmer qu’en ce temps d’épidémie – ni d’ailleurs en n’importe quel temps – ceux qui meurent meurent parce qu’ils n’ont pas cru que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu. Nous ne pouvons pas l’affirmer parce que nous ne savons pas ce qui est dans le cœur des humains. Nous ne pouvons pas l’affirmer parce que certains des meilleurs d’entre nous meurent.
Nous affirmons plutôt que mourir n’est pas une punition divine, que vivre n’est pas une récompense divine. Pour répondre à la question « Pourquoi ? » Nous cherchons autre chose que des raisons et des buts. Les raisons et les buts, ainsi que les punitions et les récompenses, ne nous intéressent pas. Croire n’est pas une médaille magique qui nous protégerait des maléfices, croire n’est pas un pari gagné dont le prix serait la vie éternelle.
            Croire que « Jésus est le Christ, le Fils de Dieu », c’est faire sienne une autre affirmation essentielle de l’évangile de Jean : « …et le Verbe s’est fait chair » (Jean 1,14). « …le Verbe s’est fait chair » est, si l’on veut, un énoncé théologique, mais c’est aussi – d’une manière plus essentielle encore que théologique – l’énoncé d’un engagement pratique, celui de Dieu envers le monde, un engagement dont le verbe aimer dit toute la profondeur (Jean 3).
            Croire, c’est donc ainsi, et d’abord, l’engagement concret, intégral, sans réserve ni reprise, pris par le Verbe – par Dieu lui-même – en faveur de l’humanité.
Croire, c’est ensuite l’engagement concret, intégral, sans réserve ni reprise, pris par Jésus envers ses contemporains.
Croire, c’est enfin l’engagement concret, intégral, sans réserve ni reprise, qu’un être humain peut prendre envers certains de ses semblables.

« Pourquoi ? » Telle était la question posée à notre actualité au commencement de notre méditation.
La réponse à cette question, c’est l’acte de celui qui, constatant la détresse de son semblable, se met à son service. En le soignant – telle est la vocation et la mission de certains – mais aussi en prenant fraternellement des nouvelles, en partageant aussi loin que possible la foi qui est la nôtre, en proposant quelques services, en respectant au mieux les consignes de confinement, en ne colportant rien qui ne soit vérité…
Puisse-t-il en être ainsi dans notre communauté et dans le monde. Amen

Prière (Merci à Murielle ANDRÉ)
Seigneur,
Je voudrais savoir.

Et je voudrais surtout savoir mieux que les autres.

Je voudrais pouvoir clore le bec de tout le monde, et devant mon auditoire soudain devenu silencieux et recueilli, décrypter derrière le mal, le malheur et l’adversité, le pourquoi du comment. Pouvoir ainsi, en toute connaissance de cause, accuser ta Volonté, le Ciel, la Nature, et les errements des hommes.

Mais je ne sais pas. Et je ne saurai jamais. Et c’est mieux ainsi car je ne suis pas Toi.

Garde-moi de cette tentation de profiter de la dureté des temps et du funeste sort qui frappe aujourd’hui pour régler mes comptes avec mes ennemis, qui ne pensent pas comme moi, ne vivent pas comme moi, ne croient pas comme moi.

Permets - moi de ne pas dire trop de bêtises et de vivre ce temps, sans que la question du pourquoi ne prenne trop de place et m’empêche de faire ce qui doit être fait au service concret de mes semblables.

Fais-moi trouver des paroles qui apaisent et non qui accusent, des paroles qui soutiennent et non qui angoissent, des gestes qui aident et non qui abandonnent.

Je te le demande pour moi-même et pour nous tous, au nom de ton Fils, notre Seigneur Jésus – Christ, qui devant la misère de chaque homme qu’il a rencontré, n’a pas raisonné mais agi, n’a pas discouru mais guéri, n’a pas pourfendu mais consolé.

Amen.


N'oubliez pas l'offrande
don en ligne : https://www.eglise-protestante-unie.fr/vincennes-montreuil-p71320
virement : IBAN FR31 2004 1000 0101 6890 2V02 048
chèques : à l'ordre de ACEPVIM

Prochain post, mercredi 1er avril

mercredi 25 mars 2020

Lettre pastorale du 25 mars 2020 - Reconnaissance


 
Lettre pastorale : à celles et ceux à qui nous devons tant !

à Vincennes, Chères sœurs, chers frères, en Christ.

Épidémie, confinement, contamination, la maladie qui rode et rodant avec elle, peut-être la mort… Qu’avons-nous fait, nous, pour mériter tout cela ? Gardons-nous de réponses trop rapides.

« Et Dieu endurcit le cœur de Pharaon » Cette phrase ne cesse d’être répétée pendant toute l’histoire des dix plaies que Dieu infligea à l’Égypte, dont le Pharaon refusait de libérer  ses esclaves hébreux. Pharaon décide… et l’Égypte entière souffre. L’Égyptien de base souffre, lui qui n’a rien décidé du tout.
Qui frappe l’Égypte ? C’est Dieu. Et qui endurcit le cœur de Pharaon ? C’est Dieu. Si Dieu a déjà décidé de frapper, qu’a-t-il besoin de se donner une justification ? Pourquoi tant de souffrance ? Qu’il les fasse sortir, ce peuple, ses enfants, et qu’on n’en parle plus ! Que pouvons-nous dire de tout cela ?
Ceux qui ont écrit ce texte avaient pour principe de voir la main de Dieu partout. Ils avaient aussi pour idée que si un roi venait à mal agir, son peuple tout entier en subirait les conséquences. Ils avaient l’idée qu’un être humain appartient à son peuple et non pas à lui-même. Et que chacun peut donc être puni, Dieu le voulant, pour des fautes commises par un autre que lui-même. Le principe de voir la main de Dieu partout a aussi d’autres corollaires, dont celui d’être au bénéfice d’actes commis par un autre que soi. L’on est libéré d’Égypte, ou d’ailleurs, par la main de Dieu, du fait d’actes qui ne sont pas les nôtres.

Quelles relations les Hébreux esclaves en Égypte avaient-ils avec Dieu ? Soyons clairs… ils n’en avaient pas, ils n’en avaient plus, ils avaient oublié. Esclaves, ils gémissaient, mais ne criaient pas vers Dieu. Leur libération tient ainsi à Dieu, totalement, exclusivement. Ils n’y sont absolument pour rien. Ça leur arrive, comme ça, Dieu voulant : providence.
Mais pourquoi, devant cette providence, l’auteur de l’Exode n’interrogerait-il pas aussi les cœurs des Hébreux, comme il l’a fait pour le cœur de Pharaon ?

Nous ne lisons jamais que Dieu endurcit le cœur des Hébreux. Et pourtant, le lecteur de l’Exode sait que le cœur des Hébreux est, lui aussi, un cœur dur. Il sait combien de fois ce peuple en marche vers sa terre promise défiera et parfois même reniera Dieu son libérateur. Le lecteur de l’Exode sait aussi comment ce peuple libéré aura l’audace de réclamer son eau, sa viande, son pain, comme si cela était son dû. Et parfois même que Dieu endurcit le cœur des Hébreux. Étrange Dieu pour d’étranges croyants.
Révélation de Dieu dans la Bible… Révélation aussi de la dureté des cœurs des humains. Dieu les endurcit-il ? On le lit. On lit aussi que certains ont la nuque raide. On y lit enfin que des cœurs endurcis peuvent, un jour, devenir des cœurs de chair.

Épidémie, confinement, contamination… Qu’avons-nous fait, nous, pour que nous arrive tout cela ? Rien. Que le temps présent soit pour les humains le temps d’apprendre ce que leur situation doit – en bien – au labeur d’autrui, un temps pour apprendre la reconnaissance, un temps pour que des cœurs endurcis deviennent des cœurs de chair.  Nous croyons ce devenir possible.

Pasteur Jean DIETZ
25 mars 2020
Nous sommes aussi présents sur YouTube pour le culte dominical







samedi 21 mars 2020

En esprit et en vérité (Jean 4,16-26) Dieu cherche des adorateurs...

En ces temps de pandémie et de confinement, voici, comme les autres semaines, un texte biblique et une prédication, mais comme nous ne nous serons pas vu pour le culte dominical, comme nous n'aurons pas pu partager la prière, voici aussi le texte d'une prière liée aux circonstances et que chacun pourra reprendre pour son propre compte.

C'est le même texte et le même contexte que la semaine dernière, la rencontre, improbable mais avérée dans l’Évangile de Jean, entre le Juif Jésus et une femme samaritaine certainement de piètre réputation dans son propre village...
 

Jean 4
16 Jésus lui dit: «Va, appelle ton mari et reviens ici.»
17 La femme lui répondit: «Je n'ai pas de mari.» Jésus lui dit: «Tu dis bien: ‹Je n'ai pas de mari›;
18 tu en as eu cinq et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.»
19 - «Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète.
20 Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer.»
21 Jésus lui dit: «Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père.
22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
23 Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père.
24 Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité.»
25 La femme lui dit: «Je sais qu'un Messie doit venir - celui qu'on appelle Christ. Lorsqu'il viendra, il nous annoncera toutes choses.
26 Jésus lui dit: «Je le suis, moi qui te parle.»
Dieu le Père, encore enfant, et déjà à la recherche d'adorateurs pour l'adorer en esprit et en vérité


Prédication :
            Commençons par un retour en arrière, un retour d’une semaine, puisque dimanche dernier – après avoir lu le même texte de l’évangile de Jean, nous avons tâché de comprendre ce que Jésus voulait dire lorsqu’il utilisait l’expression Adorer le Père en esprit et en vérité. Celui qui adore le Père en esprit et en vérité éprouve tout à la fois l’invincible liberté de ceux que l’esprit féconde et la condition tragique de l’impuissante chair.
            Dieu cherche donc des adorateurs qui l’adorent en esprit et en vérité. Le Père cherche… Il s’efforce de découvrir, quelque part, chez les Juifs et chez les Samaritains, puis dans l’humanité tout entière, cette certaine sorte d’adorateurs. Peut-être y en a-t-il, quelque part ; peut-être n’y en a-t-il pas. La recherche que Dieu mène pourrait bien durer l’éternité entière.
           
Nous pourrions poursuivre presque indéfiniment cette réflexion, qui, finalement, ne porte pas seulement sur l’humanité, mais qui porte aussi sur le Père et, partant de là, sur Dieu. Peut-il être le sujet du verbe chercher ? N’est-il pas, le Père, Dieu, le Verbe ? Comment en tant que tel pourrait-il être ignorant de ce qu’il en est de ses créatures ? On ne nous a pas appris ça... Et d’ailleurs, l’idée que le Père – que Dieu cherche – a du paraître assez scandaleuse à certains de nos grands anciens, tellement scandaleuse que la fin du verset que nous méditons maintenant est simplement biffée dans certains des manuscrits les plus anciens de l’évangile de Jean, ce qui donne : « 23 Mais l'heure vient, et déjà elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. » Avec cette coupure, plus question de cette recherche menée par Dieu sur l’humanité. Ce qui reste alors, ce sont des êtres humains qui savent que l’heure est venue, d’une part, qui savent, d’autre part, qui sont les vrais adorateurs – en général eux-mêmes – et qui savent enfin comment l’on doit adorer – ce que, bien évidemment, ils font.
            Remarquons à cette enseigne qu’en évacuant la question théologique on évacue aussi la question anthropologique. Disons-le tout net, et sans nuances : la pensée de Dieu qui sait tout est une pensée de l’homme qui sait tout, et la pensée de l’homme qui sait tout est une pensée de l’homme qui peut tout – surtout lorsqu’il s’agit d’imposer à ses semblables sa propre image de Dieu, et sa propre image de l’homme.
En pensant à certains adorateurs de Dieu...
            Le Père – Dieu – cherche donc des adorateurs qui l’adorent en esprit et en vérité. Contrairement à bien des paraboles – peut-être contrairement à toutes les paraboles – il cherche quelque chose dont l’existence est pour le moins incertaine, et il cherche cette chose dans un périmètre élargi à l’échelle de l’humanité. Il cherche !
            Que le Père cherche est une affirmation audacieuse de Jésus. Comment Jésus peut-il se permettre une affirmation d’une telle audace ? Il le peut… il le peut selon l’évangile de Jean, parce que l’affirmation théologique centrale de l’évangile de Jean est ceci : « Et le Verbe s’est fait chair » (Jean 1,14). Certains traduisent « La parole est devenue un homme » (cette traduction est un peu restrictive – nous le verrons – même si elle nous permet de nous tourner d’abord vers Jésus). Jésus peut affirmer, audacieusement, que le Père – Dieu – cherche parmi les humains telle sorte d’adorateurs, parce que telle est son expérience personnelle, parce que telle est son épreuve : l’épreuve d’un être humain – épreuve de la chair – qui cherche, et qui ne sait même pas si, pendant tout le temps de sa vie, il va trouver ce qu’il a entrepris de chercher. Et pourtant, il va chercher, sans relâche, et jusqu’à la mort.
            Lorsque Jésus meurt, il meurt en tant que Fils, en tant qu’il est un avec le Père. Et ce qui meurt alors, ce qui consent à mourir de cette mort-là, c’est Dieu lui-même en tant qu’il pouvait s’imposer plutôt que se proposer, Dieu qui pouvait forcer les humains plutôt que les chercher. Et ce qui reste ? Reste ce reste de Dieu qui se propose, qui s’offre, qui cherche, qui attend… en un seul verbe, il reste Dieu qui aime. Il reste Dieu qui aime avec toute la faiblesse et dans toute l’impuissance du véritable amour.
            Et l’être humain ? Nous revenons une fois encore au verset que nous méditons. Cette réflexion menée sur Dieu, menée par un être humain, ne transforme-t-elle pas aussi celui qui l’entreprend ? De ces adorateurs en esprit et en vérité, Jésus ne dit-il pas que l’heure vient de leur manifestation, et que cette heure est déjà venue ? Des adorateurs en esprit et en vérité, il y en a, dès le moment où émerge cette affirmation de Jésus. Et s’il y en a, c’est que la chair en est capable. Tout à fait capable par elle-même ?
            Nous pouvons l’affirmer. Mais sans oublier jamais que l’être humain qui, à la suite du Fils, se place sur le chemin de la véritable adoration en esprit et en vérité… cet être humain ne fera jamais valoir pour lui-même son adoration ni son chemin. Il en sera de lui ce qu’il en est – comme nous l’avons proposé – de Dieu.

            A la fin donc, il ne reste que l’amour. La fin n'est peut-être pas accessible, mais le chemin est tracé devant tous. Amen


Prière, en ces temps de pandémie et de confinement :


-        La voisine de la maison d’en face a ouvert sa fenêtre. On ne la connaît pas bien. Elle a proposé de faire les courses. Pour le cas où.
Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.
-        Le téléphone a sonné. C’est un ami. Il n’a rien à raconter. Rien à demander. Il appelle juste pour dire son amitié.
Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de temps.
-        La cantine a fermé. Tous les emplois ne peuvent pas se faire en télétravail. Qu’est-ce qu’on va manger ce midi ? Il y a cette collègue qui a apporté un repas froid. Pour 3.
Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps.
Docteur, il l’est depuis peu. Il est jeune et déjà surchargé. Il parle, trouve les mots du réconfort et prend sur son temps pour expliquer et rassurer.
Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de temps.
-        L’employée de la maison de retraite a fini par décrocher. Excusez-nous. On a beaucoup à faire. Est-ce que ça va ma maman ? Oui, Madame, ça va aller. Soyez tranquille ; on s’occupe bien d’elle.
Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de temps.
-        Zut la priorité à droite. L’automobiliste s’est arrêté. Il a fait un gentil signe de la main. A un autre moment, il aurait klaxonné ou hurlé des noms d’oiseaux.
Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin de temps.

Pour cette voisine, cet ami, ce médecin, cette collègue, cette employée, cet inconnu, pour tous ceux là, Seigneur, je te prie.
            Pour celui aussi qui a peur, colporte ignorance et bêtise, choisit le pour soi plutôt que le pour autrui, pour celui là que je suis parfois, Seigneur, je te prie.
En ces jours si lourds, donne nous un esprit de sagesse, dirige et sanctifie chacun d’entre nous dans ses actions, fais nous garder, en pensée, en parole et par action, la promesse éternelle de ton Fils, notre Seigneur, mort et ressuscité. Amen
                      
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde