Cette semaine, je ne puis vous donner pour ce samedi et ce dimanche, qu'une prédication écrite. Je tâcherai de vous poster une vidéo demain après-midi, peut-être seulement lundi.
Marc 1
21 Ils pénètrent dans Capharnaüm. Et dès le jour du sabbat, entré dans la
synagogue, Jésus enseignait. 22 Ils étaient frappés de
son enseignement, car il les enseignait en homme qui a autorité et non pas
comme les scribes. 23 Justement il y avait
dans leur synagogue un homme possédé d'un esprit impur; il s'écria: 24 «Que nous veux-tu,
Jésus de Nazareth? tu es venu pour nous perdre. Je sais qui tu es: le Saint de
Dieu.» 25 Jésus lui commanda
sévèrement: «Tais-toi et sors de cet homme.» 26 L'esprit impur le
secoua avec violence et il sortit de lui en poussant un grand cri. 27 Ils furent tous
tellement saisis qu'ils se demandaient les uns aux autres: «Qu'est-ce que cela?
Voilà un enseignement nouveau, plein d'autorité! Il commande même aux esprits
impurs et ils lui obéissent!» 28 Et sa renommée se
répandit aussitôt partout, dans toute la région de Galilée.
1 Corinthiens 7
32 Je voudrais que vous soyez exempts de soucis.
Celui qui n'est pas marié a souci des affaires du Seigneur: il cherche comment
plaire au Seigneur. 33 Mais celui qui est marié a souci
des affaires du monde: il cherche comment plaire à sa femme, 34 et il est partagé. De même, la
femme sans mari et la jeune fille ont souci des affaires du Seigneur, afin
d'être saintes de corps et d'esprit. Mais la femme mariée a souci des affaires
du monde: elle cherche comment plaire à son mari. 35 Je vous dis cela dans votre
propre intérêt, non pour vous tendre un piège, mais pour que vous fassiez ce
qui convient le mieux et que vous soyez attachés au Seigneur, sans partage.
Deutéronome 18
15 c'est un prophète comme moi que le SEIGNEUR ton
Dieu te suscitera du milieu de toi, d'entre tes frères; c'est lui que vous
écouterez. 16 C'est bien là ce que tu avais
demandé au SEIGNEUR ton Dieu à l'Horeb, le jour de l'assemblée, quand tu
disais: «Je ne veux pas recommencer à entendre la voix du SEIGNEUR mon Dieu, je
ne veux plus regarder ce grand feu: je ne veux pas mourir!» 17 Alors le SEIGNEUR me dit: «Ils
ont bien fait de dire cela. 18 C'est un prophète comme toi que
je leur susciterai du milieu de leurs frères; je mettrai mes paroles dans sa
bouche, et il leur dira tout ce que je lui ordonnerai. 19 Et si quelqu'un n'écoute pas mes
paroles, celles que le prophète aura dites en mon nom, alors moi-même je lui en
demanderai compte. 20 Mais si le prophète, lui, a la
présomption de dire en mon nom une parole que je ne lui aurai pas ordonné de
dire, ou s'il parle au nom d'autres dieux, alors c'est le prophète qui mourra.»
Prédication :
Le livre du Deutéronome, dont nous venons de lire
quelques versets importants – peut-être même capitaux – se présente comme une
sorte de "testament de Moïse". Ainsi, au moment où Moïse va disparaître,
au moment où Les Hébreux s’apprêtent à entrer en terre promise, la Loi leur est
rappelée.
Les circonstances du don de la Loi leurs sont rappelées
aussi, ainsi que leurs réactions aux manifestations de Dieu : « Je ne
veux pas recommencer à écouter la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux pas
regarder ce grand feu, je ne veux pas mourir. »
Ainsi le peuple hébreu se prononça-t-il sur les
manifestations de Dieu. Et Dieu écouta son peuple, et l’exauça. C’est sur la
demande expresse de son propre peuple que Dieu mit fin pour toujours à l’âge de
la révélation directe.
Dieu ne parlerait plus que de manière indirecte, ce qui
signifie que, ce jour-là, le peuple hébreu entra d’un coup dans l’âge de
raison, c'est-à-dire dans l’âge du discernement et de l’interprétation.
Ce dont nous sommes en train de parler est si important
qu’une histoire juive raconte qu’un jour, un rabbin (Eliezer ben Hyrcanos) pourtant
maître incontesté en manière juridique fut impitoyablement excommunié, pour en
avoir appelé à une révélation directe…
Avec cet
extrait de Deutéronome 18, de 1Corinthiens 7, et de Marc 1, nous tenons un
florilège de textes extrêmement intéressant, devant lequel nous allons nous
poser une question : comment Dieu parle-t-il aux hommes ? Nous
disposons, d’emblée, de cinq réponses scripturaires.
- Directement, en face à
face ;
- Par la médiation d’un
prophète ;
- Par le ministère
épistolaire d’un apôtre ;
- Par l’enseignement de
scribes ;
- Par l’enseignement de
Jésus.
Cette liste
n’est pas exhaustive, il faudrait y ajouter (6) les adages de la Sagesse, (7)
le ministère oral d’un apôtre, (8) le miracle ou l’acte de puissance, (9) le
saisissement par l’Esprit Saint, (10) la poésie des psaumes et cantiques, (11)
la réflexion critique… Et sans doute oublions-nous tel ou tel autre moyen, dont
tout ce qui touche à l’art.
Comme le
cantique le dit : « Tout chemin qu’on t’impose peut devenir le sien. Chaque
jour Il dispose de quelque autre moyen. » Il n’est pas du tout nécessaire
de tenter une classification de ces moyens. Mais il est extrêmement intéressant
de voir que, par moments, ils ont été discutés, et que parfois même ils ont été
en conflit.
Revenons
quelques instants au Deutéronome. Il est bien entendu que la contemplation et l’audition
directes de Dieu vont cesser, c’est une demande du peuple de Dieu, que Dieu
exauce. Et en lieu et place de ce contact direct, il y aura des prophètes,
issus du peuple, et nous lisons – parole de Dieu – « Je mettrai mes
paroles dans (leur) bouche. »

Le prophète, issu du peuple, échappera-t-il au
sort commun ? Verra-t-il Dieu face à face et recevra-t-il de Dieu
directement ses paroles, ou devra-t-il comme tout le monde observer, réfléchir,
puis prendre la parole ? La question est posée, le débat commence dès le
Deutéronome… et ne s’arrêtera plus. Dans des périodes troublées, avant, et pendant
l’Exil, chaque camp, chaque faction aura son propre prophète délivrant un
message divin propre à son camp. Et se posera toujours la question de l’authenticité
du message, et la question de l’inspiration de ces messieurs. Pour ne
mentionner que deux noms, voici Hananya, et voici Jérémie, dont l’affrontement
nous est connu (Jérémie 28). Lequel des deux était "le bon", lequel
des deux fallait-il écouter ? Il nous est si facile de prendre position
dans leur querelle, puisque nous connaissons la suite de l’histoire. Mais qu’en
aurait-il été, pour nous, en situation ?
Nous poursuivons
cette réflexion. Jésus enseignait dans la synagogue de Capharnaüm. Quel était
son enseignement ?
Dans le
premier chapitre de l’évangile de Marc, s’agissant de la prédication de Jésus,
nous n’avons que ceci : « Le temps est accompli,
et le Règne de Dieu est infiniment proche : convertissez-vous et croyez à
l'Évangile » (Mar 1:15). Nous n’avons rien de plus sur le contenu de l’enseignement
de Jésus, mais ce que nous apprenons, c’est qu’il enseignait avec autorité et non
pas comme les scribes.
Dans le contexte biblique,
enseigner avec autorité signifie précisément accomplir ce qu’on enseigne.
Et ce que Jésus accomplit
est une libération. Lisons-le juste pour ce que c’est : Jésus libère un
homme d’un esprit impur, d’un esprit qui force cet homme à vociférer, qui le
force à se convulser… Que cet homme retrouve une certaine paix somatique est au
moins un soulagement, une libération. Pourtant, cet homme – l’esprit impur –
disait des choses intéressantes, disait la vérité. Jésus est le Saint de Dieu –
l’appellation n’est pas courante mais elle n’est pas fausse – et Jésus est bien
venu pour perdre, pour dégager les esprits impurs, ceux qui possèdent et qui
aliènent… Jésus n’est pas venu que pour ça, mais pour ça aussi ; et peut-être,
si nous voulons parler en cela de libération
et de liberté, Jésus n’est-il venu que pour ça.
Alors ? Alors, dans
le régime de pensée propre à la prédication de Jésus, il est indispensable que
ce soit librement et dans l’intelligence de sa situation qu’un être humain
confesse sa foi au Christ sauveur.
C’est probablement là, sur
la question de la liberté et de la responsabilité, que l’enseignement de Jésus
entre en conflit avec l’enseignement des Scribes. Entendons bien ici que les Scribes
enseignent des choses écrites, tenues pour véritables, immuables et
obligatoires. Mais dans l’opposition avec l’enseignement de Jésus, les Scribes
enseignent certainement que croire c’est se soumettre, que croire c’est
répéter, en opposant répéter à comprendre. C’est donc sans autorité, sans
autorité libératrice, qu’ils enseignent, dans le sens où ce qu’ils construisent
autour de leurs auditeurs est une sorte de muraille dont leurs auditeurs sont
captifs, et absolument incapables de se libérer par eux-mêmes.
Ainsi cet homme si agité
fut-il libéré par l’autorité opérationnelle et libératrice de Jésus de
Nazareth. Quelle fut ensuite la destinée de cet homme ? Nous n’avons pas à
le savoir. Notre joie est qu’il fut libéré.
Ce sont donc des hommes
libres que désire et recherche notre Seigneur. Raison
peut-être pour laquelle il appelle des pêcheurs de poissons, plutôt que des
religieux, pour en faire des pêcheurs d’homme… Et ces pêcheurs répondent
favorablement, et librement, rien ne les y obligeait.
Raison pour laquelle aussi
il libère cet homme dans la synagogue de Caphernaüm.
Raison pour laquelle il en
libérera tant d’autres, sans jamais en obliger aucun.
Il nous libère, et, sans
nous obliger en aucune manière, il nous appelle à vivre librement, et à
répondre fraternellement de cette liberté. Amen